Conférence de presse de François Hollande : les syndicats patronaux entre ombre et lumière

 

   Les réactions du patronat à la conférence de presse du Chef de l’Etat n’ont pas tardé.

Si le MEDEF approuve les mesures de réduction des charges correspondant à la fin des cotisations familiales versées par les employeurs et la volonté de diminuer les dépenses publiques, il se cabre face aux éventuelles exigences que l’Etat pourrait attendre en contreparties.

«C’est un engagement de mobilisation, il faut faire confiance aux entrepreneurs, …ce pacte est un engagement collectif  » scande son président Pierre Gattaz, un discours auquel les syndicats de salariés n’accordent que peu de crédit.

Le MEDEF note également qu’il y a un gouffre entre les réductions de charges promises et la réalité, 10 milliards au lieu de 30, là où il faudrait d’ailleurs 80 milliards pour retrouver de la compétitivité. Il propose enfin, si les mesures de réduction des dépenses publiques s’avéraient compliquées à mettre en œuvre, une augmentation de TVA de 3 points sur 3 ans. Pas sûr que les ménages apprécieront.

Il conclut par une exhortation au gouvernement d’« éviter les zig zag » pour que notre économie ne finisse pas par décrocher par rapport à nos voisins, pensant d’abord à l’Allemagne.

Ce thème est repris par la CGPME, qui se dit pourtant prête à relever le gant.

Elle se félicite ainsi de la prise de conscience du chef de l’Etat du rôle central des entreprises dans la création d’emplois « durables » et de la faiblesse historique de leur taux de marge, condition sine qua non à la relance de l’Investissement.

Même satisfecit pour la décision de diminuer le coût du travail par la suppression de la part patronale des cotisations familiales. La CGPME précise toutefois que cette baisse doit s’inscrire plus largement dans une réflexion sur le mode de financement de la protection sociale actuellement basée à 77% sur les revenus du travail. Dans le même esprit, elle verrait bien un abaissement du taux de l’Impôt sur les sociétés pour les PME.

La CGPME salue également la volonté de réduire les dépenses publiques, sans omettre qu’il faudra inévitablement se poser la question du poids, et donc du budget trop important du secteur public.

Pour terminer, elle observe que les mesures de simplification vont dans le bon sens, à condition de les appliquer et s’interroge sur la nature des contreparties évoquées par le Président de la République.

Le Président de la CGPME Vaucluse, Bernard VERGIER, ajoute, pour sa part :

« Compte tenu de la conjoncture très fortement dégradée depuis plusieurs années et d’une fragilité accrue de nos entreprises locales, la CGPME Vaucluse demande que des mesures immédiates soient prises pour baisser le niveau de charges des TPE et PME. L’investissement et l’emploi ne pourront véritablement repartir sans cela. Rappelons que 63 000 entreprises ont disparu en France l’an dernier. »

Comme les deux autres centrales patronales, l’UPA note avec satisfaction les avancées destinées à remettre l’économie française sur la bonne voie, qu’elle réclame d’ailleurs depuis longtemps.

Elle salue par ailleurs la volonté de François Hollande de financer ces baisses de charges par une baisse de la dépense publique, en soulignant la nécessité d’une réforme territoriale et d’une réduction des dépenses sociales.

En revanche, l’UPA déplore que le pacte de responsabilité ne prévoie pour le moment aucune réduction des prélèvements fiscaux et sociaux des entreprises, exigence pourtant vitale pour les artisans, commerçants et travailleurs indépendants, qui attendent plus d’un milliard d’euros de prélèvements supplémentaires cette année. L’UPA rappelle en outre sa demande que le Crédit d’impôt compétitivité emploi bénéficie immédiatement aux travailleurs indépendants.

Globalement, l’UPA, comme le MEDEF et la CGPME, voit dans les propos de François Hollande, une prise en compte plus réaliste des difficultés des entreprises françaises face à leurs concurrentes, mais surtout face à leur propre avenir. Cette situation, particulièrement préoccupante pour les artisans et les commerçants ne pourra, à ses yeux, pas se régler si les délais de mise en œuvre ne sont pas raccourcis.

Le président de l’UPA, Jean-Pierre Crouzet, rappelle ce point crucial sans ambiguïté :

«  Monsieur le Président, je soutiens votre pacte de responsabilité mais si vous n’agissez pas dès 2014, beaucoup d’entreprises de proximité auront disparu avant de bénéficier des baisses de charges. Je rappelle que depuis le 13 novembre dernier, au moment de la création du mouvement des « sacrifiés », plus de 9000 entreprises ont fermé. »

La rédaction