“Grenoble possède des atouts importants”

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Président de la CCI de Grenoble, Jean Vaylet nous explique quelles sont les lignes de force de notre territoire…

Quels sont les points forts de l’économie grenobloise aujourd’hui ?

Une industrie diversifiée dans des filières traditionnelles et des filières d’avenir mais aussi la présence de nombreuses entreprises à capitaux étrangers, des pôles de compétitivité de tout premier plan, un secteur de la recherche et un management de l’innovation particulièrement performants, un triptyque « enseignement supérieur / recherche / industrie » reconnu, une orientation internationale qui favorise la balance des paiements et la capacité des acteurs locaux à se fédérer pour construire et mener des projets ambitieux. Pensons aussi au secteur des services à l’industrie largement développé et une économie touristique qui a encore un gros potentiel de développement.

Selon vous, le rôle de la CCI doit aller vers quels projets structurants ?

La CCI doit poursuivre son rôle de facilitateur dans la création d’entreprises, poursuivre le développement de l’appui à l’international aux niveaux local et régional, assumer son rôle de future CCI métropolitaine en lien avec la réforme territoriale, poursuivre avec les acteurs institutionnels l’identification des filières et la mise en place d’actions concertées pour leur développement et leur valorisation internationale, poursuivre le rapprochement d’une part avec les acteurs de la recherche et d’autre part avec les entreprises intégratives et être force de proposition dans les aménagements du territoire afin de favoriser le développement économique.

L’innovation est le moteur de la croissance de Grenoble et son agglomération. Est-ce suffisant aujourd’hui face au Grand Lyon ?

Les tailles de Lyon et de Grenoble ne sont pas comparables. Pour autant, Grenoble possède effectivement des atouts importants dans le domaine de la recherche qui, lorsque ses résultats sont bien exploités, se traduit en innovation et en produit ou service à valeur ajoutée. Compte tenu des complémentarités entre Lyon et Grenoble, l’objectif est davantage de capitaliser sur les forces de chaque territoire que de se faire une concurrence qui ne peut qu’être dommageable à chaque partie. Dans ce cadre, le terme de coopétition se doit de remplacer de plus en plus celui de concurrence locale, en favorisant les partenariats qui ont pour but de conquérir ensemble des marchés plus importants et plus lointains (approche marché en « meute »). Les filières industrielles, les pôles de compétitivité, les clusters, ont la possibilité de rayonner au-delà des frontières métropolitaines et même départementales, afin de donner de plus en plus une dimension régionale à nos domaines de compétence. Les pôles et clusters de l’agglomération grenobloise sont parfaitement dans cette logique.

Quelle est la principale difficulté de notre territoire aujourd’hui ?

Au-delà des problématiques communes à tous les territoires, nous en avons deux qui méritent une mention particulière :

> le manque de capacité à favoriser concrètement l’implantation d’entreprises sur notre territoire, alors que la richesse de ce dernier est en lui-même un facteur incitatif mais pas toujours suffisant ;

> les difficultés de circulation, génératrices de pertes de temps et d’argent considérables pour les particuliers et pour les entreprises, malgré un très fort développement des transports en commun dans la ville centre et une partie de l’agglomération.