Immobilier : les taux baissent encore

   Pour ceux qui pensent que la crise est notre karma, et qui préfèrent attendre une hypothétique embellie en boudant toutes les opportunités, l’immobilier est encore un terrain miné. Et pourtant, pour celui qui se veut perspicace, les nouvelles ne sont pas si mauvaises.

L’observatoire Crédit Logement/CSA a en effet annoncé que les taux d’intérêt des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques ont baissé pour s’établir à 3% au mois de mars, alors qu’ils étaient à 3,04% un mois auparavant. La baisse observée est cependant restée plus limitée pour l’accession dans le neuf (3,06% en mars contre 3,08% en décembre), que pour celle dans l’ancien (2,98% contre 3,08%)

Contrairement aux prévisions de hausse pour 2014, les taux sont donc revenus en moyenne à leur niveau de l’été dernier, la durée de prêt s’établissant à plus de 17 ans en moyenne.

Cette baisse n’est évidemment pas un cadeau des banques, mais répond à leur besoin de relancer la concurrence après la chute de la primo accession des jeunes ménages, et l’aggravation des difficultés d’accès à la propriété des ménages modestes, ces deux « cibles » ayant été bloquées par le durcissement des conditions d’attribution du prêt à taux zéro.

Pour toutes ces familles qui sont toujours en phase d’achat, le moment est à nouveau propice, d’autant plus que les prix sont intéressants. Les banques leurs dédient des offres spéciales, mais en même temps, elles doivent aussi appliquer de nouvelles règles après les fiascos des subprimes, des crédits en Espagne et en Grèce, et restent prudentes, voire méfiantes. Le plus souvent, elle exigent un apport de 10% minimum et prennent en compte en détail la qualité du logement financé.

Cependant, malgré la frilosité des banques et l’allongement des durées de traitement des demandes, le nombre de prêts bancaires concernant des transactions est en progression de 3 % sur un an, plus de 20% en incluant les renégociations de crédit.

Il reste que la demande est faible, et les banques n’ont guère d’autre choix que le marché concurrentiel et vont donc probablement continuer à proposer des taux bas. Une remontée des taux n’est pas à l’ordre du jour car les banques ont tout intérêt à ce que le marché se stabilise et savent qu’une hausse ne peut qu’avoir un effet inverse.