International : « Les boss partent en voyage »

 

   Psychodrame chez « Les boss partent en voyage ».  Pierre Gattaz, le président du Medef, invité dans la délégation présidentielle, a profité de son séjour aux USA pour répéter une fois de plus qu’il en avait assez que les patrons soient pris pour des gamins : « Il faut arrêter de gérer par la contrainte. Quand j’entends parler de contreparties dans ce pacte, j’entends aussi des gens qui me disent : « on va vous contraindre, on va vous obliger, si vous n’y arrivez pas vous allez être punis, on va vous mettre des pénalités. Il faut arrêter ce discours qui est insupportable. On n’est pas dans une cour d’école ».

Pierre Gattaz n’est donc pas prêt à consentir des contreparties aux « cadeaux » (dixit Pierre Moscovici) du pacte de responsabilité.

Pourtant le gouvernement aurait bien aimé que les entreprises s’engagent à embaucher pour le remercier de mettre en place des mesures visant à réduire leurs charges. C’est oublier un peu vite que les économies générées pourraient peut-être être orientées plus efficacement, même du point de vue de la pérennité de l’emploi, vers des investissements, de la recherche, les conditions de travail des salariés, etc. C’est surtout reconnaitre, du côté du gouvernement, qu’il y a un effet mécanique entre les charges et le chômage, et avouer qu’avoir privilégié les taxes au détriment de l’emploi était un choix délibéré.

Pour le moins que l’on puisse dire, tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde. Alors, d’un côté comme de l’autre, on s’exhorte à se faire confiance. Les patrons devront faire confiance à un gouvernement qui ne brille pas par ses options économiques, et le gouvernement à des patrons qui, parfois, priorisent grassement l’actionnaire au dépens de l’investissement et du salarié. La confiance nécessitera donc un peu plus de discernement de la part des uns et des autres.

Il reste que le temps presse et que tous devront comprendre bien vite que ceux qui ne sont ni dans les sphères de l’Etat, ni à la tête des entreprises, n’ont pas la patience d’attendre que la cour d’école se discipline.

La rédaction