L’emploi et les jeunes diplômés

 

   Dire que l’emploi est en berne en France est une évidence, la croissance du taux de chômage en est le témoin. Mais ce constat cache une réalité différente dès lors que l’on prend en compte l’évolution des entreprises et les niveaux de formation des demandeurs d’emploi. En effet, dans le domaine industriel, cette année, comme en 2013, les opportunités sont nombreuses pour les diplômés.

EDF doit embaucher 1500 ingénieurs, dont les 2/3 de jeunes diplômés d’écoles d’ingénieurs et d’universités, pour compenser d’ici à 2020 les départs à la retraite. Même problématique chez Safran, qui engagera plus de 1300 ingénieurs et cadres, pour accompagner également sa croissance d’activité et renforcer ses moyens en recherche. Altran recrutera 2000 ingénieurs et cadres, dont 1/3 de jeunes diplômés, le reste avec deux ans d’expérience, et Thales un millier, dont 30 % de jeunes diplômés.

Cette liste de grandes entreprises offrant des emplois peut évidemment être complétée par de nombreuses PME. Elle montre que les besoins de recrutement ont évolué en fonction du développement des activités de l’industrie vers une plus forte valeur ajoutée.

Les jeunes diplômés doivent saisir cette opportunité car, si les entreprises recherchent toujours des profils expérimentés pour l’encadrement de leurs équipes, certains secteurs de pointe, comme ceux des nouvelles technologies mais aussi d’autres comme la pharmacie recrutent des cadres très spécialisés, donc ayant acquis les plus récentes connaissances.

Une bonne école ouvre donc largement les portes. Près de 8 jeunes diplômés ingénieurs sur 10 trouvent un emploi en moins de deux mois après la fin de leurs études et la moitié sont embauchés alors qu’ils sont encore étudiants, dans la foulée d’un stage ou par le biais de l’alternance.

Et tous ne rejoignent pas les grands groupes. Beaucoup de jeunes diplômés préfèrent mettre leurs compétences au service de PME ou de TPE, afin de participer de plus près au projet et au développement de la société. Un choix qui peut se révéler judicieux quand on voit que beaucoup de grandes entreprises d’aujourd’hui n’étaient pas nées il y a 20 ans.

Les commerciaux diplômés sont, de la même façon, une cible de choix pour les recruteurs. Les 2/3 des directions commerciales prévoient de recruter cette année avec deux priorités : croissance et rentabilité du chiffre d’affaires. De nombreuses sociétés ont ainsi augmenté leurs budgets commerciaux et comptent sur de nouvelles recrues pour « dynamiser » (quand un directeur commercial parle de dynamisme, il est grand temps de se méfier) leurs équipes commerciales et atteindre ces objectifs.

Ces nouvelles compétences recherchées sont en général des hommes et des femmes diplômés d’écoles de commerce et ayant une formation bac + 4 et plus. Si ces commerciaux diplômés ont des compétences techniques, c’est encore mieux. Mais la plupart d’entre eux ne cumulant pas école de commerce et école d’ingénieur, certaines entreprises forment pendant plusieurs mois leurs équipes commerciales dans leurs propres centres de formation. On est jamais mieux servi que par soi-même …