Négocier sa cotation Banque de France

   On sait que la note personnelle «040», stigmatisant les chefs d’entreprise ayant fait l’objet d’une liquidation judiciaire au cours des trois dernières années, a été supprimée en fin d’année dernière. Ce n’est évidemment pas le cas de la cotation Banque de France, clé du crédit pour les entreprises.

En ce moment où les TPE et PME s’apprêtent à déposer leurs comptes, nombre de dirigeants ont donc conscience que leur avenir va se jouer, alors qu’ils ne sont pas favorisés par la conjoncture. Depuis 2007, Les défaillances d’entreprises de plus de 1 Million de CA ont augmenté de 63%. En 2013, l’augmentation des défaillances a été de 3 % avant de se stabiliser en avril pour s’établir à 4880 à la fin de l’année.

Or dans ce contexte économique déjà plombé, la cotation Banque de France peut vite venir alourdir les difficultés d’une entreprise au lieu de l’aider à s’en sortir.

Elle est en effet déterminante. Basée sur les comptes annuels déposés aux greffes, elle est représentée par une lettre en fonction du niveau d’activité de la société, et un chiffre sensé indiquer si l’entreprise est capable d’honorer ses engagements financiers dans les trois prochaines années. C’est en quelque sorte Madame Soleil revisitée par l’X.

Les banques, passionnées de probabilités, en font un sésame pour accorder les crédits aux entreprises et les assureurs-crédit pour couvrir les risques de leurs clients dans leurs partenariats commerciaux. Les taux de crédit évoluent suivant la cotation.

Il existe pourtant un moyen d’échapper à une mauvaise note : la négociation avec la Banque de France. L’entreprise peut trouver une oreille attentive, et convaincre du bien fondé de sa stratégie en présentant des éléments tangibles comme, par exemple, de nouvelles commandes fermes, une modernisation du parc machine, l’embauche d’un nouveau directeur. Les comptes annuels ne sont normalement pas les seuls paramètres pris en compte dans la cotation et les dirigeants ont donc intérêt à donner leur version de la situation.

La Banque de France, consciente qu’elle ne peut pas jouer contre son camp et enrayer une reprise, réalise ainsi chaque année plus de 50 000 entretiens au niveau local. Les chefs d’entreprises qui ont déjà fait l’expérience de ces entretiens, en sont généralement satisfaits, vantant la capacité d’écoute et d’analyse des interlocuteurs de la Banque de France, et leur capacité d’anticiper les possibilités de l’entreprise. Alors, pour une fois qu’on peut négocier sa note, pourquoi hésiter ?